Bien commencer 2026 en tant que photographe

Ma clé à chaque fin d’année, c’est de prendre le temps d’analyser ma pratique pour prendre un pas de recul et bien attaquer un nouveau cycle.

 

1. La culture, toujours et encore.

Je l’hurlerai sur les toits si il le faut. Plongez dans la photographie, pas seulement le matos, pas seulement la technique mais surtout le regard des autres. Au plus vous allez découvrir, aimer, comprendre au plus votre vision sera riche, nourrie et fera émerger de nouvelles idées.

On croit souvent que la prochaine caméra ou le prochain objectif va débloquer quelque chose. Dans la réalité, ce qui fait progresser une photographie, ce n’est pas l’outil, mais notre capacité à développer un regard et pour ça c’est dans la tête que ça se passe, pas dans la caméra.

Investir dans sa vision, c’est nourrir sa culture visuelle, regarder des livres, des films, de la peinture, de la photo bien sûr, mais pas seulement. C’est enrichir son vocabulaire visuel, comprendre ce qui nous touche et pourquoi.

On a la chance de vivre en France, le pays de la photographie, qui regorge de musées, de galerie, il faut en profiter. J’ai réalisé cette année à quel point on était chanceux d’avoir tout cet environnement créatif.

Je vous fais une liste des meilleurs pépites pour découvrir de nouveaux regards

1. Les bibliothèques, le trésor sous-estimé des livres photo

Les bibliothèques sont probablement l’un des endroits les plus puissants pour un photographe, et paradoxalement les moins utilisés. Tu peux aller dans la bibliothèque de ta ville mais les meilleurs sont les spécialisées. On a la chance en France d’avoir quelques bibliothèques spécialisées en livres photos, celle de la Maison Européenne de la photographie à Paris, celle de l’Institut pour la Photographie à Lille ou encore la bibliothèque du Château d’Eau à Toulouse

On y trouve des monographies, des catalogues d’exposition, des livres rares qui sont devenus introuvables, des ouvrages théoriques, souvent coûteux à l’achat…. Et tout ça la majorité du temps : GRATUITEMENT.

2. Les librairies photos, mon spot pref

Les librairies, surtout celles spécialisées en art ou en photographie, c’est pépite. Tu peux feuilleter, découvrir, comparer, revenir sur un livre plusieurs fois, sentir si quelque chose résonne vraiment.

C’est un endroit parfait pour découvrir les nouveautés, tu peux même demander en fonction de tes goûts conseil à la libraire qui connaît les nouvelles pépites mieux que personne.

Et quand le coup de cœur arrive… Si tu as les moyens, achète, tu soutiendras un artiste, un éditeur, un commerce tout ça en te faisant un kiffe !

3. Les expositions, musées et centres d’art et les festivals

Voir des images sur un écran ne remplacera jamais l’expérience d’une exposition.

Le format, l’accrochage, la lumière, le rythme de visite changent complètement la perception d’un travail. C’est une immersion toute autre. Plusieurs fois je me suis surpris à redécouvrir une image que je connaissais sur internet encadrée sur un mur, le rapport est si différent.

ET SURTOUT les festivals j’ai découvert ça assez tard mais entre La Gacilly, Planches Contact, Les Rencontres d’Arles, Paris Photo (mes préférés) et j’en passe, il y en a aux quatre coin de la France renseigne toi dans ta région, je ne les connais pas tous mais ça permet de découvrir plein d’artistes au même endroit, certains festivals sont même gratuits, très peu de pays ont autant d’événements de la sorte.

4.. Les galeries d’art, l’école du regard contemporain

C’est l’endroit dans lequel j’ai mis le plus de temps à aller, mais je me suis vite rendu compte que c’était là bas qu’on découvrait des nouveaux projets frais, avant même que certains artistes publient un livre : ils exposent !!

À Paris, il existe plus d’une vingtaine de galeries montrant de la photographie contemporaine, et c’est encore une fois : GRATUIT. C’est l’endroit idéal pour comprendre ce qui se fait aujourd’hui. Je te mets une liste de galeries juste ici

Regarder une exposition en galerie, c’est aussi observer ce qui est montré, ce qui est laissé de côté, ce qui fait sens dans un espace restreint.
On y apprend énormément sur la cohérence d’un projet, bien plus que sur une image isolée.

5. Internet, la base

Internet c’est un peu une relation amour haine pour moi. Des fois je découvre plein de trucs magiques et ça me fascine des fois ça me bute le moral. Donc je vais te partager que les belles choses qui m’ont inspiré cette année en contenu !

Le blog du Photographe Minimaliste : des analyses très poussées sur les travaux de photographes variés : un plaisir

Valentino Film : des formats courts riches en découvertes autour de plein de chouettes anecdotes autour de la photo

Tatiana Hopper : la queen de YouTube pour te faire découvrir l’histoire et l’esthétique des photographes

ET BIENTOT le retour des lives twitch, on y parle livres, expos, actus etc…. Loupez pas ça 👈😎👉 jonathan_bertin

 

2. Trouver l’équilibre entre faire vivre ses images et créer

C’est ma grosse leçon de 2025, j’ai beaucoup bossé pour faire vivre mes images…. et quasiment pas photographié, du moins pas assez à mon goût… le comble pour un photographe.

Pour moi tout ça réside dans l’équilibre entre créer et faire exister sa création.

Tu peux produire un travail fort, sincère, exigeant. Si tu ne sais pas le raconter, l’expliquer, le défendre, il risque de rester invisible. Aujourd’hui, être photographe, c’est aussi savoir faire exister ses images dans le monde. Leur donner un contexte, une voix, une lecture. Et c’est là où il faut donner du rythme.

Trouver l’équilibre, c’est accepter que les deux soient nécessaires. Créer demande du silence, du temps long, de la disponibilité mentale. Faire vivre son travail demande de l’énergie, de la parole, de la présence.

L’un nourrit l’autre, mais si l’un prend toute la place, l’ensemble s’appauvrit.

Je sais que parfois ça peut faire peur, mais en totale transparence, je pense qu’il faut arrêter de se cacher derrière ses images. La réalité c’est que ce n’est pas se mettre en avant. Mais plutôt accompagner son travail pour lui donner un impact plus fort. Ca donnera beaucoup plus de sens à ta pratique.

En 2026, l’enjeu n’est pas de choisir entre créer ou montrer.

C’est de retrouver un équilibre juste entre les deux, pour que les images continuent d’exister… parce qu’elles continuent d’être faites.

 

3. IA… même pas peur

Oui l’IA arrive pleine balle, oui ça fait peur, mais honnêtement, je pense qu’on a jamais eu autant besoin des photographes. Le faux apparait partout, monté de toute pièce, et on réalise petit à petit à quel point le savoir faire du photographe devient essentiel.

Plus que jamais, on a besoin de regards pour documenter le réel, témoigner d’un instant qui a réellement existé, car c’est ce qui nous reste d’authentique. Aucune machine ne peut remplacer cette présence. Ton regard n’est pas une somme de données. Il est façonné par ton vécu, tes doutes, ta culture, tes expériences, choses que l’IA ne pourra jamais transmettre.

Plus les images générées deviennent faciles, rapides et abondantes, plus la trace humaine prend une autre valeur plus intime et touchante.

L’IA peut produire des images.
Mais elle ne peut pas produire une mémoire.

En 2026 et au-delà, le rôle du photographe n’est pas de lutter contre la machine, mais de réaffirmer ce qui fait la force de son médium. Le réel, l’authentique, l’incarné. Plus que jamais on a besoin de photographes pour raconter des histoires plus vraies qu’un algorithme.

 

4. Donner du sens

C’est sans doute le conseil le plus important, et aussi le plus difficile à appliquer. (je galère encore perso)
Donner du sens avant de chercher le style.

Beaucoup de photographes passent des années à courir après une esthétique. Un rendu reconnaissable. Une signature visuelle. Un preset. Une cohérence de couleurs. Mais la réalité, c’est que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Que serait le style sans sens ? Oui c’est beau, oui ça impressionne mais pour toucher en profondeur et que ça reste dans le temps… Il faut du sens.

Ce qui te rend unique ne vient pas de tes outils ni de ton traitement d’image. Ça vient de ta façon de voir le monde. Et cette façon de voir est directement liée à ce que tu as vécu, traversé, compris, aimé ou perdu.
Ton regard est une conséquence de ton histoire personnelle.

Chercher le sens, c’est se poser des questions introspectives et parfois perturbantes. Mais c’est ce qui permet d’avancer.
Pourquoi je photographie ce sujet et pas un autre ?
Qu’est-ce qui me retient ici ?
Qu’est-ce que j’essaie inconsciemment de comprendre ou de réparer à travers mes images ?

Cette part intime n’a pas besoin d’être expliquée frontalement, mais elle doit être présente. On doit la sentir dans le choix des sujets, dans la répétition, dans les obsessions visuelles.
Quand une image est alignée avec un propos intérieur, elle prend une toute autre intention, beaucoup plus forte, beaucoup plus frappante, rien de tel pour bosser sur le fameux “équilibre” évoqué plus haut eheh.

Le style, il coulera naturellement dans tes images, il arrive ensuite. Lentement. Presque malgré toi en fait ?!

Quand ton expérience personnelle devient un langage universel, l’image cesse d’être seulement belle, elle vient toucher les émotions des autres et c’est là où tu vas laisser de réelles traces dans les esprits

 

5. Se détacher des tendances

Les tendances, c’est ce que les gens aiment à un instant T. Et par nature, c’est éphémère.

On peut facilement s’y réfugier pour se donner une direction. C’est réconfortant, accueillant, rassurant. On a l’impression d’être au bon endroit, au bon moment.
Mais la vérité, c’est que les tendances sont souvent des pièges.

Avec le temps, j’ai compris qu’il y avait deux choses très différentes : ce que l’on aime, ou pense aimer, et ce que l’on est réellement.
Les tendances peuvent nourrir la curiosité, ouvrir des portes, nous faire explorer d’autres territoires artistiques. Et en soi, ce n’est pas un problème. Elles peuvent même être utiles à un moment donné.

Mais elles peuvent aussi avoir l’effet inverse. Devenir un moule. Une forme rassurante dans laquelle on se glisse… au point d’étouffer sa propre vision.

Pour distinguer ce qui relève de la tendance de ce qui t’anime vraiment, il faut se poser les bonnes questions.
Est-ce que tu prends du plaisir dans ton processus créatif ?
Est-ce que tu te sens libre quand tu photographies, ou simplement en train de reproduire quelque chose ?

À plusieurs reprises, je me suis projeté dans un style de photographie en me disant :
“Quand je photographierai ce genre de sujets, je ferai ce type d’images.”

Et puis, une fois sur le terrain, je me rendais compte que ce n’était pas moi.
Que ce que j’aimais regarder n’était pas forcément ce qui me faisait vibrer en tant que créateur.

Et ce n’est pas grave. C’est même nécessaire.

C’est souvent en acceptant ça que j’ai trouvé mon bonheur ailleurs. Dans des images plus alignées, plus sincères, plus proches de ce que je suis vraiment.

6. Construire sur le long terme

Big scoop.
Tant que vous avez au moins un œil fonctionnel, vous pourrez continuer de photographier.
Spoiler donc. La photographie vous accompagnera toute votre vie.

Alors pourquoi se presser ?
Pourquoi ne pas prendre le temps de créer, de laisser les images respirer, d’avancer à son propre rythme ?

Tout va vite dans notre société. Les plateformes, les tendances (et ouais encore elles….), les formats nous poussent à produire toujours plus, toujours plus vite. On a l’impression qu’il faut suivre le tempo sous peine de disparaître.
Mais la vérité, c’est que les projets les plus longs sont souvent ceux qui ont eu le plus d’impact.

Le temps permet autre chose que la performance. Il permet la profondeur, la transformation, l’écoute. Un projet qui dure n’est pas figé. Il évolue avec celui ou celle qui le porte. Il s’enrichit des doutes, des erreurs, des retours, de la vie qui passe.

C’est un peu contreproductif parce que je parle des motivations sur 2026 mais en soit celle là elle est valable pour les 10 prochaines années.

Exils de Koudelka, c’est 20 années de photographie. Je vous invite juste à plonger dans ce livre pour réaliser la justesse et l’impact de ses images.

 

Conseil Bonus

Conseil Bonus

Kiffez un max et bonne année à tous ❤️
Vous prenez pas trop la tête, le but c’est quand même de s’épanouir dans sa passion.

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